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Que celui qui n'y a jamais songé jette la première pierre aux autres !! Honnêtement, qui n'a jamais eu à l'esprit une escapade clandestine au moment où sa vie de couple dérive un peu ?? Tromper l'autre n'est certes pas un but en soi, mais c'est sans doute une échappatoire rassurante quand les choses tournent mal entre deux conjoints. Évidemment, cela ne règle rien, précipite presque assurément la rupture ou du moins participe à l'éloignement de manière plus profonde.
Il y a quelques années, il était presque entendu qu'un homme trompait occasionnellement sa femme. Et la société excusait ce comportement au nom de l'impénitente nature masculine. Les femmes se contentaient de ravaler et de panser leur ego trahi en solitaire. Toutefois, la libération des mours sexuelles, l'autonomie grandissante des femmes change doucement la donne. Les épouses, les conjointes, trompent à leur tour et elles y prennent le même plaisir que les hommes. Elles affirment leur besoin de conquête, leur besoin d'indépendance, leur refus de la routine, leur nécessité de combler ailleurs les désirs que le conjoint officiel néglige. Assistons-nous à une nouvelle politique du couple ??
Si l'engagement entre deux partenaires amoureux reposait jadis sur le contrat de fidélité mutuelle, les choses tendent à changer depuis quelques années. Les couples réalisent la brièveté de leur vie et se disent de plus en plus qu'ils ne veulent passer à côté de rien. Le grand paradoxe de cette nouvelle politique du couple c'est que la plupart des gens rêve encore de l'Amour parfait, de cet idéal amoureux qui meut la quête du cour humain. Tout en idéalisant l'amour absolu, l'individu trompe.
Si certains trompent parce qu'ils vivent une situation infernale dans leur couple, occasionnée soit par la négligence de l'autre ou la violence de l'autre, beaucoup trompent simplement parce qu'ils ne parviennent pas à s'en empêcher. Ils trompent pour le plaisir, pour la sensation liée à l'interdit, pour se donner des ailes, pour se prouver qu'ils séduisent toujours, pour se redonner confiance en leur potentiel, pour se venger du partenaire infidèle, etc.
Les hommes (43%) trompent encore dans une plus grande proportion que les femmes (27%). Certains sont des infidèles chroniques. Ils peuvent facilement entretenir plusieurs liaisons à la fois tout en étant mariés et pères de famille. Entre accident de parcours et liaison avérée, tromper n'est pas de tout repos.
Pour celui ou celle qui choisit d'entretenir une liaison clandestine tout en pensant sauver son couple, il existe un stress, relié aux mensonges qu'exige sa condition, qui tôt ou tard ne sera plus supportable. La rupture sera inévitable et le partenaire trahi aura beaucoup de mal à survivre aux blessures psychologiques qui en découleront.
Pour l'infidèle qui préfère la solution accommodante des accidents de parcours, peut-être le choc d'une révélation sera-t-il moins destructeur pour l'autre mais la rupture sera tout aussi inévitable. Cependant, pour l'infidèle, cette option comporte une certaine légèreté, une certaine garantie de ne pas être inquiété puisque la trahison est momentanée et qu'elle n'implique aucun sentiment entre l'infidèle et sa proie.
Il reste difficile d'estimer si ces nouvelles tendances à l'infidélité deviendront un mode de vie acceptable ou si elles ne sont que symptomatiques d'une liberté sexuelle gagnée durement et encore complexe à gérer sainement. Dans l'euphorie de toutes les permissivités, l'individu cherche à se satisfaire égoïstement avec l'excuse que la vie est bien brève. Et l'on ne peut s'empêcher de sourire au souvenir de ce mot de Madeleine de Scudéry à l'adresse de Bussy-Rabutin : " Dieu que l'on vit peu et que l'on est mort longtemps !" Or presque deux cent ans plus tard, c'est le triomphe des libertins !
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